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<title>Last posts on annick le scoëzec masson</title>
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<name>Zed</name>
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<title>1936 : qui a vraiment tué Federico García Lorca ?...</title>
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<published>2026-09-05T10:00:00+02:00</published>
<summary>  Nous reproduisons ci-dessous un article d' Arnaud Imatz  cueilli sur  le...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Nous reproduisons ci-dessous un article d'&lt;strong&gt;Arnaud Imatz&lt;/strong&gt; cueilli sur &lt;a href=&quot;https://www.revue-elements.com/&quot;&gt;le site de la revue &lt;em&gt;Éléments&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; et consacré à la mort du poète &lt;strong&gt;Federico García Lorca&lt;/strong&gt; au début de la guerre d'Espagne. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Fonctionnaire international à l’O.C.D.E. puis administrateur d’entreprise, spécialiste de l'Espagne, Arnaud Imatz vient de publier &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Histoire des idées politiques nationales - Au-delà de la droite et de la gauche&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; (L'Artilleur, 2026). Il a précédemment publié&amp;nbsp; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;La Guerre d’Espagne revisitée&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; (Economica, 1993), &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Par delà droite et gauche&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; (Godefroy de Bouillon, 1996), &lt;em&gt;&lt;strong&gt;José Antonio et la Phalange Espagnole&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; (Godefroy de Bouillon, 2000), &lt;a href=&quot;http://metapoinfos.hautetfort.com/archive/2016/08/20/une-histoire-des-idees-et-des-valeurs-non-conformistes-5838168.html&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Droite - Gauche : pour sortir de l'équivoque&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; (Pierre-Guillaume de Roux, 2016) et &lt;a href=&quot;http://metapoinfos.hautetfort.com/archive/2023/01/31/resister-au-denialisme-en-histoire-6425070.html&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Résister au dénialisme en histoire&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; (Perspectives libres, 2023).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Pour en savoir plus sur la vie et l’œuvre de Federico García Lorca, on pourra utilement consulter le &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Lorca&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; de&lt;span class=&quot;author notFaded&quot; data-width=&quot;&quot;&gt; &lt;strong&gt;Annick Le Scoëzec Masson&lt;/strong&gt; publié en 2019 aux éditions Pardès dans l'excellente collection « Qui suis-je ? ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6697714&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://metapoinfos.hautetfort.com/media/01/00/434201172.jpg&quot; alt=&quot;Lorca_Federico Garcia.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;1936 : qui a vraiment tué Federico García Lorca ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Federico García Lorca est sans nul doute le poète et le dramaturge le plus connu de la littérature espagnole du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle. Il est, pendant la Guerre d’Espagne, avec le dramaturge Pedro Muñoz Seca, qui lui est mis à mort par des miliciens de gauche, l’une des plus célèbres victimes du fanatisme de miliciens de droite. Arrêté illégalement, le 16 août 1936, en pleine guerre civile, il est assassiné à l’âge de 38 ans sur la route qui mène de Viznar à Alfarez, près de Grenade. Le 16 octobre 2008, la décision du juge madrilène, Baltasar Garzón, de procéder à l’ouverture de dix-neuf fosses, dont celle où, selon divers témoignages, se trouvaient les restes du poète, n’avait pas manqué de raviver les débats et les polémiques sur les troublantes circonstances de sa mort. D’autant plus, que cette décision controversée s’est accompagnée de continuelles pressions destinées à faire fléchir la volonté expresse de la famille García Lorca, qui manifestait clairement son refus d’exhumer les restes du poète et son désir de respecter le repos éternel des morts. Refusant d’accéder à la requête des héritiers, le juge de l’Audience nationale, Baltasar Garzón (radié de la magistrature pour corruption en 2012) avait imposé de procéder d’urgence à l’exhumation, mais dans «&amp;nbsp;l’intimité&amp;nbsp;», et en autorisant la présence de la famille. Depuis, les tentatives d’exhumation du corps du poète, effectuées sur la base des différents témoignages recueillis depuis 1955, se sont toutes avérées infructueuses.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Qui sont les vrais responsables de l’assassinat de Federico García Lorca&amp;nbsp;? Grâce aux travaux d’une pléiade de journalistes et d’historiens, parmi lesquels Marcelle Auclair, Ricardo de la Cierva, Ian Gibson, José Luis Vila San Juan, Luis Hernández del Pozo, Eduardo Molina Fajardo, Manuel Titos Martínez, Manuel Ayllon, Miguel Caballero et Pilar Gongora, pour ne citer qu’eux, la réponse est aujourd’hui bien connue. Quels sont donc les faits bien établis sur le crime de Viznar&amp;nbsp;? Comment sont-ils interprétés&amp;nbsp;? Federico García Lorca est-il mort en raison de ses sympathies pour le Front populaire et de son combat contre le «&amp;nbsp;fascisme&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? Est-il le symbole ou la victime la plus célèbre de l’intransigeance de l’Espagne traditionnelle, de &lt;em&gt;«&amp;nbsp;l’implacable mécanisme d’extermination mis en place par l’Espagne franquiste&amp;nbsp;» &lt;/em&gt;? A-t-il été plutôt le jouet d’une rivalité séculaire entre deux familles aisées d’Andalousie&amp;nbsp;? A-t-il été, au contraire, un malheureux bouc émissaire désigné en raison de son homosexualité déclarée&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Selon le mythe le plus répandu, popularisé à l’envi par le cinéma, la presse, la télévision et la radio, Federico García Lorca est &lt;em&gt;«&amp;nbsp;un intellectuel du Front populaire assassiné par la Phalange&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;. Une légende qui n’a pourtant que de lointains rapports avec la réalité. Le neveu du poète, secrétaire de la Fondation qui porte son nom, Manuel Fernández-Montesinos García-Lorca, a protesté, énergiquement, &lt;em&gt;«&amp;nbsp;contre ceux qui cherchent à minimiser la valeur littéraire de Federico […] contre l’acharnement politique à vouloir ouvrir la fosse où repose son corps […] contre l’utilisation de sa tombe à des fins de propagande&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;h4 class=&quot;wp-block-heading&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le refus de l’embrigadement&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;La vérité historique dément bien sûr les interprétations partisanes. Non seulement les phalangistes ne sont pas les auteurs du crime, mais paradoxalement, dans le camp national, ils sont les seuls à avoir fait tout leur possible pour que le poète recouvre sa liberté. Ce crime barbare est en réalité le résultat d’une manœuvre machiavélique orchestrée par des membres de la Confédération espagnole des droites autonomes (CEDA), principal parti libéral-conservateur de la II&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; République espagnole, qui cherchaient à s’attirer la sympathie des militaires et à discréditer la Phalange josé-antonienne en démontrant que certains de ses chefs protégeaient et cachaient des «&amp;nbsp;rouges&amp;nbsp;» dans leurs propres foyers.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;García Lorca peut-il pour autant être considéré comme un militant de gauche&amp;nbsp;? Rien n’est moins sûr. Tous ceux qui l’ont vraiment connu en ont témoigné&amp;nbsp;: la politique n’était pas sa préoccupation première. Lorca était avant tout un écrivain à la fois élitiste, précieux, baroque, avant-gardiste et populaire. En lui convergeaient la tradition et la modernité, la culture libérale sécularisée et la religiosité traditionnelle, le particularisme et l’universalisme. Né dans une famille aisée, sa sensibilité le portait à défendre les plus pauvres, les paysans et les gitans, au nom de la justice sociale, mais il n’avait rien d’un révolutionnaire. Il avait coutume de dire&amp;nbsp;: &lt;em&gt;«&amp;nbsp;J’ai plus de peine pour un homme qui veut accéder au savoir et qui n’en a pas la possibilité que pour n’importe quel affamé.&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Lorca refusait, par principe, de participer à un acte politique, quand bien même celui-ci avait une connotation culturelle. À plusieurs reprises, il manifesta de l’irritation lorsque son nom fut utilisé à des fins politiques. Interrogé sur ses préférences politiques, il répondit un jour qu’il se sentait &lt;em&gt;«&amp;nbsp;catholique, communiste, anarchiste, traditionaliste et monarchiste&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;. Son détachement envers la politique lui permettait de conserver des relations amicales avec des écrivains aux convictions fort différentes&amp;nbsp;: communistes comme Rafael Alberti, socialistes comme Fernándo de los Rios ou phalangistes comme Agustin de Foxá, Edgar Neville ou Felipe Ximenez de Sandoval.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Gabriel Celaya, poète basque et militant communiste, en a témoigné. Il a même raconté l’anecdote (contestée) suivante&amp;nbsp;: fin février 1935, García Lorca et Celaya se donnèrent rendez-vous au cabaret de Madrid Casablanca. Dès son arrivée, Celaya eut la surprise de voir Federico en compagnie de José Antonio Primo de Rivera, le fondateur de la Phalange. &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Hé&amp;nbsp;! Viens ici&amp;nbsp;! s’écria Federico. Je vais te présenter José Antonio. Tu verras, c’est un type très sympa.&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; Les trois hommes passèrent la soirée ensemble autour d’une bonne bouteille de whisky (voir Gabriel Celaya,&amp;nbsp;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Un recuerdo de Federico García Lorca&amp;nbsp;», Realidad&amp;nbsp;: revista de cultura y política&lt;/em&gt;, Rome, 9, avril 1968). Gabriel Celaya rapporte une seconde anecdote tout aussi surprenante. L’année suivante, le 8 mars 1936, il retrouva Federico García Lorca à l’hôtel Biarritz de Saint-Sébastien. Quelle ne fut pas sa surprise de retrouver Lorca cette fois en compagnie de l’architecte José Maria Aizpurua, fondateur de la Phalange de la province basque de Guipúzcoa. Cette rencontre intervint au lendemain des élections de février qui avaient porté le Front populaire au pouvoir et les esprits étaient particulièrement échauffés. Celaya refusa de serrer la main d’Aizpurua. Mais une fois que le phalangiste eut quitté la salle, García Lorca lui reprocha vertement d’avoir refroidi l’ambiance. Espiègle, il lui confia d’un air badin&amp;nbsp;: &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Aizpurua est un bon type, qui admire mes poèmes. D’ailleurs, c’est comme José Antonio. Voilà un autre bon type. Sais-tu que tous les vendredis nous dînons ensemble&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le principal contact de Lorca avec le mouvement phalangiste était Luis Rosales, un jeune poète de Grenade, étudiant en philosophie et en droit, collaborateur de la revue madrilène&amp;nbsp;&lt;em&gt;El Gallo&lt;/em&gt;. Rosales devait jouer un rôle clef dans les derniers jours de Lorca.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;h4 class=&quot;wp-block-heading&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La traque&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le 12 juillet 1936, au cours d’un dîner chez le poète chilien, Pablo Neruda, Federico García Lorca manifesta son intention de quitter Madrid pour &lt;em&gt;«&amp;nbsp;se mettre à l’abri de la foudre&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;. Le lendemain, il confiait à un autre de ses amis phalangistes, Edgar Neville&amp;nbsp;: &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Je m’en vais parce qu’ici, on veut m’impliquer dans la politique, alors que je n’y entends rien et que je ne veux rien savoir. Je suis l’ami de tous et je souhaite seulement que tout le monde puisse travailler et manger.&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le 15 juillet, il parvient sans encombre à Grenade, où il vit désormais tranquille dans la ferme familiale, la Huerta de San Vicente, en compagnie de ses parents, de sa sœur Concha, de ses deux neveux et de la nurse Angelina. Mais les affres de la guerre civile vont vite le rattraper. Le 18 juillet 1936, alors que les premières informations sur le soulèvement militaire lui parviennent, à Madrid, l’extrême gauche publie dans la presse une cruelle caricature. On voit Federico vêtu en premier communiant et la légende douteuse qui figure sous le dessin est sans ambiguïté&amp;nbsp;:&amp;nbsp;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;García Lorca&amp;nbsp;: enfant mignon, fierté de sa maman.&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; Plus grave, le poète communiste Rafael Alberti récite à la radio des vers injurieux contre les militaires soulevés qu’il attribue indûment à Lorca. Le prestigieux écrivain libéral, Ramón Pérez de Ayala, accusera plus tard Alberti d’avoir cherché sciemment à provoquer la mort de son ami. Pour sa part, la sœur du poète téléphonera à Alberti pour le supplier de ne plus mettre en danger la vie de son frère.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le soulèvement éclate à Grenade le 20 juillet. Les militaires insurgés, commandés par de jeunes officiers et appuyés par plusieurs groupes de civils, militants des partis de droite et de la Phalange, s’imposent en trois jours. Dans la ville, isolée et encerclée par les forces du Front populaire, la tension est extrême. Les informations qui parviennent sur les massacres perpétrés par les miliciens de gauche à Malaga ont tôt fait de déclencher une terrible répression. Dans toute la Péninsule, les massacres répondent aux massacres, la répression à la répression.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;À Grenade, le commandant José Valdés Guzmán assume le pouvoir de Gouverneur civil. Il nomme ses hommes aux postes clefs et constitue une section chargée de la répression. Valdés est un militaire qui se prétend phalangiste, mais qui provient en fait de la Confédération espagnole des droites autonomes (CEDA), un parti libéral-conservateur. À la veille des élections de février 1936, il était l’un des responsables de la formation des candidats de ce parti, bête noire de la Phalange. Autour de lui, se retrouvent le chef de la Police, Julio Romero Funes, l’ancien député de la CEDA, Ramón Ruiz Alonso, un groupe hétérogène de militants de droite et enfin un autre groupe nourri de néo-phalangistes ou chemises neuves (par opposition aux militants josé-antoniens d’avant le déclenchement de la guerre civile, qualifiés de vieilles chemises).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Dans toute l’Espagne, la Phalange – dont plus de 60&amp;nbsp;% des leaders ont été assassinés ou sont détenus – est littéralement submergée par les nouvelles recrues. Le mouvement phalangiste de José Antonio ne comptait pas plus de 30 à 40&amp;nbsp;000 adhérents à la veille du conflit. Il voit ses effectifs monter subitement à 200, puis à 500&amp;nbsp;000 affiliés. Ces chemises neuves, commandées par des cadres improvisés, nommés en l’absence de toute direction, ne savent rien du national-syndicalisme et, provenant des partis de droite, sont généralement dépourvues de toute préoccupation sociale.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Dans la seule ville de Grenade, les quelques dizaines de vieilles chemises ou de phalangistes josé-antoniens sont débordés par plus de mille chemises neuves issues des partis de droite. À leur tête, le commandant Valdés impose le capitaine de la Garde d’assaut (sorte de Garde républicaine), Manuel Rojas Feijespan. Très tôt, le commandant Valdés entre en conflit avec le leader des vieilles chemises, qui avait été nommé directement par José Antonio Patricio González de Canales, une sorte de saint laïc. Celui-ci refuse obstinément que ses hommes participent aux détentions et exécutions sommaires. Soucieux de s’en débarrasser au plus vite, en accord avec le général Queipo de Llanos, Valdés requiert un avion, qui, après avoir volé de Séville à Grenade, emporte de force le responsable phalangiste récalcitrant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Dès le 20 juillet, Federico García Lorca apprend la nouvelle de l’arrestation de son beau-frère, Manuel Fernández Montesinos, maire socialiste de Grenade. À la Huerta de San Vicente, l’atmosphère est lourde et tendue. Les vieilles querelles ou relations conflictuelles, qui divisent pour des raisons économiques trois riches familles de propriétaires terriens de la région (qui ont fait fortune dans le négoce de la betterave sucrière), d’une part, la famille du père de Federico, Federico García Rodriguez, un libéral républicain et, d’autre part, les familles Roldán et Alba, l’une proche de la CEDA (Confédération des droites autonomes) et l’autre monarchiste libérale (alphonsine), vont confluer et entraîner la mort du poète. À cela s’ajoute le fait que les Alba vouent une haine particulièrement farouche à Federico depuis qu’ils ont eu vent de son œuvre La Casa de Bernarda Alba, critiquant sévèrement leur famille.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le 5 août, sur dénonciation du clan des Roldán, le capitaine Rojas, à la tête d’un groupe de néo-phalangistes, perquisitionne la maison de famille des Lorca. Rojas prétend ne rechercher que le frère de l’intendant de la ferme. Les coups et les insultes pleuvent. Federico est battu, traité de «&amp;nbsp;pédé&amp;nbsp;», jeté dans l’escalier. Lassés, les miliciens quittent enfin les lieux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le soir, inquiet pour sa vie, Federico García Lorca appelle au téléphone son ami Luis Rosales et lui demande de le protéger. Professeur de littérature à l’Université, Luis Rosales s’apprête à rejoindre le front comme volontaire phalangiste. Il accourt immédiatement à la ferme de San Vicente. Après un rapide conciliabule, il décide de loger Lorca chez lui, au centre de la ville, à trois cents mètres du siège du gouverneur civil où réside le commandant Valdés. Dès son arrivée dans la demeure des Rosales, les frères aînés de Luis, Miguel et Pepe – deux phalangistes de la première heure – et leurs parents accueillent le poète à bras ouverts.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;h4 class=&quot;wp-block-heading&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Soutien phalangiste&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Valdés et Ruíz Alonso vont mettre onze jours pour découvrir la cachette. Le 16 août, la sœur de Federico, Concha, dont le mari a été arrêté le 20 juillet, parle, apeurée sous la menace de voir son père emmené en otage. Pour Valdés et Ruiz Alonso, l’aubaine est trop belle. Ils vont enfin pouvoir se débarrasser des Rosales et du groupe des vieilles chemises qui leur sont ouvertement hostiles.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12
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